An ode to the 2am attempts at art

Je possède un classeur d'art unique. Unique car à la fois orphelin dans son existence à l'intérieur du cartable en faux-cuir rangé soigneusement en dernier étage de mon armoire, mais aussi parce qu'il n'y a pas deux comme lui dans l'univers entier, non pas que ça le rende particulièrement fameux ou digne de description. Toutefois, cela ne m'empêchera pas d'en parler, car il m'appartient et je l'ai créé certes sans grande agonie si ce n'est celle de l'ennui et du vide, des pics d'inspiration et de solitude nocturne.  

Nous sommes un jour lambda de Mars, de février ou d'avril, qu'importe, le climat et le manque d'activités définissant le passage du temps me plonge davantage dans cette confusion quand même assez honteuse. En ce jour in-important, à ses prémices délicieux ou le sommeil est de rigueur, mes doigts, mon corps et mon esprit sont engagés ailleurs, dans une activité de couleur, de mélange et de création. 

Les émotions elles-mêmes se poursuivent en cycle familier. L'art qui se crée suite à une période de gestation intellectuelle et mentale enchevêtrée par une stérilité d'esprit et de dépression est un art d'espoir et de résolutions. It always is. C'est toujours un dessin ou une peinture que l'on fait avec l'intention d'en faire d'autres dans des intervalles moins longues, avec une rigueur artistique plus soignée, compris dans une routine qui se respecte, et tout le reste du baratin que l'on se nourrit soi-même à chaque nouvelle naissance du Soi. Mais Soi meurt lentement sans qu'on s'en rende compte, il se décompose sans pousser d'odeur, dans le lit même où l'on dévore sa vie, Bones and meat and all.  



Mais ce qui est bien avec mon classeur (bacause one must go full cercle to gain peace and perspective), c'est qu'en dépit des échecs éminents et périodiques, on finit par avoir un drôle de collage de tous les moments de sa vie où à 2h du matin, on s'est pensé apte à conquérir le monde.   

Commentaires

Articles les plus consultés